Romanisches Seminar

Hélène Carles

Wissenschaftliche Mitarbeiterin an der Forschungsbibliothek Jakob Jud

Forschungsbibliothek Jakob Jud
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I. Formation
II. Expérience professionnelle
III. Recherche
IV. Liste de travaux et publications

Dr. Hélène Carles
Née le 27 juillet 1980 à Nice (06)

I. Formation

II. Expérience professionnelle

Membre de la Société de Linguistique romane.
Membre de la Société de Langue et Littérature médiévales d’Oc et d’Oïl.

III. Recherche

Mes travaux et projets s’inscrivent principalement dans deux interrogations : la grapho-phonétique médiévale galloromane dans sa trajectoire historique et la lexicologie diachronique galloromane à partir de corpus textuels définis. Mes recherches dans ces deux domaines prennent en considération à chaque fois les aspects morphologiques impliqués et font appel aux méthodologies de la philologie éditoriale, de la toponymie galloromane et de la métalexicographie.

Thèse

L’émergence de l’occitan pré-textuel. Analyse linguistique d’un corpus auvergnat (ixe-xie siècles), Strasbourg (Bibliothèque de Linguistique Romane, 7), ÉLiPhi, 2011, XXVII + 564 pages.

L’objet du travail a été de décrire l’émergence de la langue d’oc à l’écrit entre le ixe et le xie siècle à partir d’un corpus de textes documentaires auvergnats en langue latine. Le relevé systématique des unités vernaculaires présentes dans les chartes latines a donné lieu à un inventaire lexicographique comportant près de 400 articles monographiques, avec une part importante de toponymes (80 %) mais également une présence significative de lexèmes (20 %).

Sur la base de l’étude microscopique de ces matériaux recueillis de première main, j’ai envisagé le phénomène d’émergence de manière synthétique à tous les niveaux linguistiques concernés, à savoir lexical, morphologique et plus particulièrement grapho- phonétique. Ces études successives révèlent l’existence, jusqu’à aujourd’hui insoupçonnée, de dynamiques chronologiques cohérentes qui sont conditionnées par l’évolution du statut sociolinguistique de la langue vernaculaire par rapport au latin.

Elles prouvent notamment la mise en place progressive d’un système graphique élaboré qui se trouvera prêt à l’emploi au moment où apparaissent les premiers textes pleins en occitan. L’accès graduel de cette langue galloromane à la scripturalité apparaît comme un exercice maîtrisé par les professionnels de l’écrit garantissant à la fois une apparence textuelle latine et un décodage univoque des passages de la charte avec une forte charge pragmatique. Il s’agit là d’une face cachée et jusqu’ici mal cernée de la Réforme carolingienne, corrélative au retour du latin normatif à l’écrit.

La phase d’élaboration vernaculaire pré-textuelle mise au jour ici élargit le champ d’observation de la linguistique historique gallo- mais également italoromane de près de trois siècles.

La thèse a fait l’objet depuis sa soutenance d’une reprise substantielle prenant appui sur les relectures détaillées de Jean-Paul Chauveau, d’André Thibault et d’Anthony Lodge. Les apports concernent en premier lieu l’inventaire analytique mais également l’explicitation de la méthodologie employée. J’ai par ailleurs procédé à une mise à jour bibliographique des travaux récents sur l’émergence des langues romanes.

Projet d'habilitation

Un «Trésor Galloroman des Origines» : étude des lexèmes vernaculaires et des toponymes délexicaux dans les chartes originales latines antérieures à 1121 (corpus de l’ARTEM, Nancy).

Avant le 12e siècle, il est difficile d’inventorier le lexique des langues (gallo)romanes, étant donné la pénurie des textes rédigés en vernaculaire. Aussi le lexique ‘pré-textuel’ se trouve-t-il pour ainsi dire exclu de l’horizon de la lexicographie historique traditionnelle. Pour appréhender ce lexique sans quitter le terrain de la documentation textuelle, il existe néanmoins une voie qui est loin d’avoir été suffisamment exploitée jusqu’ici (bien que préconisée depuis longtemps par des chercheurs comme J. Hubschmid, B. Müller ou G. Gasca Queirazza) : l’analyse des lexèmes vernaculaires et des noms de lieux délexicaux contenus dans les textes documentaires en langue latine. Les sources latines contiennent en effet déjà avant le 12e siècle un très grand nombre de formes romanes ou latinisées qui n’ont jamais été relevées jusqu’ici.

Les lexèmes vernaculaires interviennent dans des domaines déterminants pour le contenu des actes, pour des mots clés ou des éléments à forte charge pragmatique. Il s’agit donc de témoignages particulièrement significatifs pour l’usage lexical contemporain : seuls des mots romans à haute fréquence à l’oral faisaient l’objet d’une mise à l’écrit.

Quant aux toponymes, je ne retiens que les formes délexicales intégrant un article défini dont la présence permet de les dater postérieurement à ca 700 (Chambon 2005; Pitz 2009). On peut ainsi dégager une couche de formations désubstantivales indubitablement romanes. Un exemple pour l’occitan : le toponyme las Faisas, relevé dans un acte auvergnat original de ca 1032, permet d’assurer l’existence du lexème faisa dans un sens toponymisable (“bande de terre”) assurément entre le 8e et le 10e siècle. L’emploi de cette méthode à petite échelle et à d’autres fins dans ma thèse de doctorat m’a convaincue de l’intérêt et du bon rendement des données toponymiques pour la connaissance du lexique des phases archaïques.

J’ai donc décidé de mettre au jour ces matériaux de manière systématique en relevant les lexèmes vernaculaires et les toponymes délexicaux dans l’intégralité des actes disponibles pour la Galloromania, en me basant sur les 5000 Chartes originales antérieures à 1121 conservées en France (ARTEM, Nancy), mises en ligne en 2010. Les résultats d’une telle enquête prendront place dans un Trésor Galloroman des Origines dont la nomenclature compte à ce jour environ 800 lexèmes (cf. la synthèse Pour un Trésor Galloroman des Origines, Carles sous presse).

Cet ensemble permet, par ses nouvelles informations, de préciser l’histoire du lexique français, francoprovençal et occitan. Il devient de surcroît possible d’atteindre des mots galloromans qui ont disparu de l’usage avant l’apparition des textes vernaculaires pleins et de saisir la différenciation lexicale à l’époque pré-textuelle, jusqu’ici pleinement opaque.

IV. Liste de travaux et publications

Travaux monographiques

(1) [2003]. La charte de Latour-d’Auvergne (A.N. K 1146 n° 51). Édition critique et glossaire complet. Contribution à la description lexicographique de l’ancien occitan d’Auvergne, [Ms., 89 p.].

(2) 2011. L’émergence de l’occitan pré-textuel. Analyse linguistique d’un corpus auvergnat (ixe-xie s.), Strasbourg, (Bibliothèque de Linguistique Romane, 7), XXVII + 564 p.

Articles et publications en ligne

(3) 2005, (avec J.-P. Chambon). «Un censier de Plauzat (Basse Auvergne) partiellement rédigé en langue d’oc» [édition critique, analyse linguistique], in : Lengas 58, p. 7-42.

(4) 2007, (avec J.-P. Chambon). «Contribution à l’étymologie d’un nom de lieu : Brioude. Vers un nouveau paradigme en toponymie française?», in: David Trotter (éd.), Actes du XXIVe Congrès International de Linguistique et Philologie Romanes (Aberystwyth, 1er-6 août 2004), Tübingen, Niemeyer, vol. 4, p. 521-532.

(5) 2007, (avec J.-P. Chambon). «À propos du traitement des emprunts à l’occitan dans le TLF», in : Pierre Rézeau (éd.), Richesses du français et géographie linguistique. Recherches lexicographiques sur les variétés régionales du français de France, Bruxelles, De Boeck (coll. Champs linguistiques), p. 313-325.

[L’élargissement de la documentation historique concernant les occitanismes supposés dans le TLF permet de se déprendre d’une illusion d’optique: les emprunts ne se font jamais directement entre la langue d’oc et le français général mais transitent dans un premier temps par une variété diatopique du français pour se diffuser ensuite à une variété technolectale de celui-ci (axe diaphasique). C’est par cette voie qu’ils entrent dans l’usage général.]

(6) 2008. Refonte des notices ‘Étymologie et Histoire’ d’un choix d’articles du Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi). Consultables en lignes (http ://www.atilf.fr/tlf-etym) : badinerie, cheire, chenal, conjonctive, épiglotte, occiput.

(7) 2008-2012. Ad fontes. Französische Texte des Mittelalters. Édition, analyse et commentaires de textes documentaires en ligne; critères d’édition (http://www.adfontes. uzh.ch/3200.php).

[Charte épiscopale de Metz, 1239, transaction de rente (A.D. Meurthe-et-Moselle B 862, no 2).

Charte de l’abbaye de Salival, 1234, acensement de terres (A.D. Meurthe-et-Moselle H 1244).

Charte épiscopale de Toul, 1237 arbitrage, (A.D. M.M. 2F2 n°14 layettes de l’évêque de Toul).

Charte de l’abbaye de Fontenay, 1253, accord entre ecclésiastiques à propos d’une redevance (A.D. Côte-d’Or 15 H 107).

Charte de la Côte-d’Or, 1253, accord entre les seigneurs de Brancion et le duc Hugues (A.D. Côte-d’Or B 539).

Charte de la Côte-d’Or, 1253, ultimatum du duc de Bourgogne à Anséric VI de Montréal (A.D. Côte-d’Or B 983).]

(8) 2009. «Les toponymes occitans autour de l’an Mil» in : Guy Latry (éd.), Actes du VIIIe Congrès International de l’AIEO (Bordeaux, 12-17 septembre 2005), Bordeaux, PUB, p. 53-65.

(9) 2011, «L’élaboration graphématique dans la Romania à l’époque pré-textuelle (9e-11e siècles) : le cas de l’occitan», in : Elvira Glaser / Annina Seiler / Michelle Waldispühl (éd.), LautSchriftSprache. Beiträge zur vergleichenden historischen Graphematik, Zurich, Chronos Verlag, p. 141-153.

(10) Sous presse, (avec G. Fournier, J.-P. Chambon et G. Brunel Lobrichon). «Accord sur la répartition des droits sur la ville de Chargnat entre le doyen du monastère de Sauxillanges et un viguier du comte d’Auvergne. Un nouveau texte auvergnat en occitan médiéval» [édition critique, analyse linguistique], in : Lengas [38 p.].

(11) Sous presse. «Pour un Trésor Galloroman des Origines : les lexèmes vernaculaires et les toponymes délexicaux dans les plus anciennes chartes originales latines», in : Cesáreo Calvo / Emili Casanova (éd.), Actes del XXVIe Congrès de Lingüística i Philologia Romàniques, València 2010. Secció 4, Lexicologia et Fraseologia, [12 p.].

(12) Ms. «L’innovation lexicale chez Chrétien de Troyes», [35 p.].

[Grâce à la grande tradition des travaux concernant cet auteur classique, il est possible de raisonner de manière non spéculative sur le rôle individuel de Chrétien de Troyes dans l’élaboration lexicale du français. En nous appuyant sur la lexicographie de référence disponible (DEAF, DÉCT : segment G-H-I-J-K) nous avons procédé au relevé exhaustif des premières attestations enregistrées dans les romans de Chrétien de Troyes. L’examen détaillé des matériaux permet d’établir que l’auteur introduit à l’écrit dans la très grande majorité des cas des formes orales préexistantes et que ses apports individuels restent presque exclusivement circonscrits à des variations contextuelles.]

Hélène Carles

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