Hélène Carles

Wissenschaftliche Mitarbeiterin an der Forschungsbibliothek Jakob Jud     Professeur extraordinaire en linguistique historique du français, Université de Neuchâtel

Forschungsbibliothek Jakob Jud
Zürichbergstr. 8
CH - 8032 Zürich
+41 (0)44 634 36 25

Née le 27 juillet 1980 à Nice (Alpes Maritimes)

Nationalité française

I. Formation

  • juin 1998 Baccalauréat, série littéraire, spécialité italien. Nice (Lycée Stanislas)
  • 1998–2000 Hypokhâgne et khâgne classiques, spécialités lettres modernes et philosophie. Nice (Lycée Masséna)
  • 2000–2001 Licence ès lettres modernes. Université Paris-Sorbonne – Paris IV
  • 2001–2002 Maîtrise ès lettres modernes. Université Paris-Sorbonne – Paris IV. Mémoire en littérature du Moyen Âge, sous la direction de M. Philippe Ménard : La ville de Toulouse dans la Chanson de la Croisade albigeoise de Guillaume de Tudèle et de son continuateur, l’Anonyme [148 + 37 p.]. Note: 17/20
  • 2002–2003 Diplôme d'Etudes Approfondies en Langue française. Université Paris-Sorbonne – Paris IV. Mémoire en linguistique et philologie occitanes sous la direction de M. Jean-Pierre Chambon : La charte de Latour-d’Auvergne (A.N. K 1146 n° 51). Édition critique et glossaire complet. Contribution à la description lexicographique de l’ancien occitan d’Auvergne [89 p.]. Note: 18/20
  • 2004-2008 Doctorat en Linguistique. Thèsesous la direction de M. Jean-Pierre Chambon : L’émergence de l’occitan pré-textuel. Analyse linguistique d’un corpus auvergnat (ixe-xie siècles). Jury : MM. André Thibault, président (Paris-Sorbonne), Jean-Pierre Chambon, directeur (Paris-Sorbonne), Jean-Paul Chauveau (CNRS/ ATILF, Nancy), Anthony Lodge (St Andrews), Max Pfister (Sarre-bruck). Soutenance en octobre 2008, en Sorbonne. Mention Très honorable avec les félicitations, à l’unanimité
  • février 2009 et 2013 Qualification du Conseil national français des universités (7e section, linguistique)

II. Expérience professionnelle

  • 2003, juil.–sept. Stagiaire à la rédaction du dictionnaire Le Robert (Paris). Travail d’étymologisation de mots et locutions du français régional (France et DOM-TOM) à l’aide du FEW et de la bibliographie de référence (responsable du stage Mme Marie-José Brochard)
  • 2005, fév.–déc. Vacataire de recherche à l’École nationale des chartes dans le cadre du projet Les Plus Anciens Documents linguistiques de la France (responsable de la vacation Mme Françoise Vielliard). Révision d’éditions de chartes bourguignonnes du 13e s.
  • 2005–2006 Tutrice d’ancien français rattachée au cours magistral de D.E.U.G. de M. Gilles Roussineau. Tutrice de linguistique romane rattachée au cours magistral de D.E.U.G. de M. Jean-Pierre Chambon Université Paris-Sorbonne (Paris IV)
  • 2006, août–déc. Auxiliaire de recherche à l’ATILF (Nancy) dans le cadre projet TLF- Étym (responsable Mme Éva Buchi). Rédaction de notices étymologiques et historiques du TLFi concer­nant le vocabulaire médico-biologique et les mots supposés emprun­tés à l’occitan
  • depuis 2007 Chargée de cours en linguistique diachronique française et occitane Romanisches Seminar, Université de Zurich
  • depuis 2008 Collaboratrice scientifiquede la Forschungsbibliothek Jakob Jud. Responsable scientifique de la collection et des achats en linguistique, philologie et dialectologie d’oc et d’oïl ainsi qu’en onomastique romane. Romanisches Seminar, Université de Zurich
  • 2009–2012 Collaboratrice scientifique du projet Ad fontes (responsable Prof. Simon Teuscher). Responsable du projet «Französische Texte des Mittelalters». Rédaction et mise en place d’exercices d’édition de textes documentaires médiévaux (accessibles sur le site ). Historisches Seminar, Université de Zurich
  • 2013, fév.–2014, juil.    Boursière du FNS (Postdoc Mobility) à Heidelberg, DEAF et à Paris-Sorbonne, UFR de Langue française (dans ce cadre, enseignement de l'occitan médiéval pendant le semestre d'automne 2013)
  • depuis fév. 2015 Professeur extraordinaire de linguistique historique du français à l'Université de Neuchâtel

Membre de la Société de linguistique romane, de la Société de langue et littérature médiéva­les d’oc et d’oïl et de l’Association internationale d'études occitanes

III. Enseignement

1. Aperçu des enseignements

Université Paris-Sorbonne (Paris IV)

2005–2006  (2 heures / 25 semaines, tutorat)

  • Langue du Moyen Âge (2e année lettres modernes)
  • Linguistique romane (1ère année lettres modernes et sciences du langage)

Université de Zurich

2006–2007  (2 heures / 14 semaines)

  • Méthodologie de la linguistique historique : paléographie et édition de textes médiévaux (Übung)

2007–2008  (4 heures / 28 semaines)

  • Introduction à la linguistique synchronique du français (Proseminar)
  • Méthodologie de la linguistique historique : lexicographie (Übung)
  • Méthodologie de la linguistique historique : paléographie et édition de textes galloromans médiévaux (Übung)

2008–2009  (6 heures / 28 semaines)

  • Introduction à l’ancien français [avec Claire Vachon] (Vorlesung)
  • Introduction à l’ancien occitan (Vorlesung)
  • Méthodologie de la linguistique historique : lexicographie (Übung)
  • Méthodologie de la linguistique historique : paléographie et édition de textes médiévaux (Übung)
  • Histoire de la langue française (Proseminar)

2009–2010  (6 heures / 28 semaines)

  • Introduction à l’ancien occitan (Vorlesung)
  • Histoire de la langue française [avec Elisabeth Stark] (Proseminar)
  • Méthodologie de la linguistique historique : lexicographie (Übung)
  • Méthodologie de la linguistique historique : paléographie et édition de textes médiévaux (Übung)
  • Introduction à l’ancien français (Vorlesung)

2010–2011  (6 heures / 28 semaines)

  • Introduction à l’ancien français (Vorlesung)
  • Introduction à l’ancien occitan (Vorlesung)              
  • Méthodologie de la linguistique historique : lexicographie [avec Dumitru Kihaï] (Übung)
  • Méthodologie de la linguistique historique : paléographie et édition de textes médiévaux (Übung)
  • Langue et littérature occitanes modernes (Vorlesung)

2011–2012  (6 heures / 14 semaines)

  • Introduction à l’ancien français (Proseminar)
  • Méthodologie de la linguistique historique : paléographie et édition de textes médiévaux (Übung)

2012–2013  (7 heures / 14 semaines)

  • Introduction à l’ancien occitan (Proseminar)
  • Langue et littérature occitanes modernes (Vorlesung, Master)
  • Méthodologie de la linguistique historique : lexicographie [avec Dumitru Kihai] (Übung)
  • Histoire de la langue française (Proseminar)

2013–2014  (6 heures / 14 semaines)

  • Introduction à l’ancien occitan (Proseminar)
  • Méthodologie de la linguistique historique : lexicographie

2015 (4 heures / 14 semaines)

  • Introduction à l’ancien français (Proseminar)
  • Méthodologie de la linguistique historique : lexicographie

Université Paris-Sorbonne (Paris IV)

2013–2014  (2 heures / 14 semaines)

  • Linguistique romane: langue et littérature occitanes médiévales (Travaux dirigés, Licence/BA 3)

Université de Neuchâtel

2015 (2 heures / 14 semaines) 

  • Lexixographie (Master)

IV. Recherche

1. Liste de travaux et publications

Travaux monographiques

(1) [2003]. La charte de Latour-d’Auvergne (A.N. K 1146 n° 51). Édition critique et glossaire complet. Contribution à la description lexicographique de l’ancien occitan d’Auvergne, [ms., 89 p.].

(2) 2011. L’émergence de l’occitan pré-textuel. Analyse linguistique d’un corpus auver-gnat (ixe-xie s.), SLR/ELiPhi, Strasbourg, (coll. Bibliothèque de linguistique romane, 7), XXVII + 564 p. Préface d’Anthony Lodge.

(3) En prép. [thèse d’habilitation en cours d'achèvement]. Trésor galloroman des origines (TGO). La trajectoire étymologique et la variation géolinguistique du lexique galloroman présent dans les actes latins originaux (ca 800 – 1120) [ca 650 p.].

Articles

(4) 2005 (avec J.-P. Chambon). «Un censier de Plauzat (Basse Auvergne) partiellement rédigé en langue d’oc», in : Lengas 58, p. 7-42.

(5) 2007 (avec J.-P. Chambon). «Contribution à l’étymologie d’un nom de lieu : Brioude. Vers un nouveau paradigme en toponymie française?», in: David Trotter (éd.), Actes du XXIVe Congrès international de linguistique et philologie romanes (Aberystwyth, 1er-6 août 2004), Tübingen, Niemeyer, vol. 4, p. 521-532.

(6) 2007 (avec J.-P. Chambon). «À propos du traitement des emprunts à l’occitan dans le TLF», in : Pierre Rézeau (éd.), Richesses du français et géographie linguistique. Re-cherches lexicographiques sur les variétés régionales du français de France, Bruxelles, De Boeck (coll. Champs linguistiques), p. 313-325.

(7) 2009. «Les toponymes occitans autour de l’an Mil», in : Guy Latry (éd.), Actes du VIIIe  Congrès International de l’AIEO (Bordeaux, 12-17 septembre 2005), Bordeaux, PUB, p. 53-65.

(8) 2011. «L’élaboration graphématique dans la Romania à l’époque pré-textuelle (9e-11e siècles) : le cas de l’occitan», in : Elvira Glaser / Annina Seiler / Michelle Waldispühl (éd.), LautSchriftSprache. Beiträge zur vergleichenden historischen Graphematik, Zurich, Chronos Verlag, p. 141-153.

(9) 2013. «Pour un Trésor Galloroman des Origines : les lexèmes vernaculaires et les toponymes délexicaux dans les plus anciennes chartes originales latines», in : Cesáreo Calvo / Emili Casanova (éd.), Actes del XXVIe Congrès de lingüística i philologia romàniques, València 2010. Secció 4, Lexicologia et Fraseologia, Berlin, De Gruyter, p. 39-50.

(10) 2013. «L’innovation lexicale chez Chrétien de Troyes», in : Romania 131 (2013), 281-337.

(11) Sous presse. «La régionalité du lexique galloroman avant le 12e siècle», in : Éva Buchi / Jean-Paul Chauveau / Jean-Marie Pierrel (éd.), Actes du xxviie Congrès International de Linguistique et de Philologie Romanes (Nancy 2013), section 5, Lexicologie, phraséologie et lexicographie, [10 p.] (accepté pour la version imprimée des actes).

(12) Sous presse (avec M. Glessgen). «Philologie éditoriale et linguistique», in : Claudia Polzin / Wolfgang Schweickard (éd.), Handbuch Französisch, article n° 5, Berlin/New York, Mouton/De Gruyter, [22 p.].

(13) En prép. (avec Gabriel Fournier, Jean-Pierre Chambon et Geneviève Brunel Lobrichon). «Accord sur la répartition des droits sur la ville de Chargnat entre le doyen du monastère de Sauxillanges et un viguier du comte d’Auvergne. Un nouveau texte auvergnat en occitan médiéval» [édition critique, analyse linguistique], [ca 38 p.].

Compte rendu

(14) 2013. Philippe Olivier, Dictionnaire d'ancien occitan auvergnat. Mauriacois et Sanflorain (1340-1540), in: Revue de Linguistique Romane 77, p. 262-266.

Travaux en ligne

(15) 2008. Refonte des notices ‘Étymologie et Histoire’ d’un choix d’articles du Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi). Consultables en lignes (<www.atilf.fr/tlf-etym>) : badinerie, cheire, chenal, conjonctive, épiglotte, occiput.

(16) 2008-2012. Ad fontes. Französische Texte des Mittelalters. Édition, analyse et commentaires de textes documentaires en ligne; critères d’édition (<www.adfontes.uzh. ch/3200.php>).

2. Description des activités de recherche

Cadre général

Mes travaux et projets poursuivent des interrogations de linguistique historique appliquées aux variétés diatopiques galloromanes. Ils s’inscrivent dans une méthodologie lexicologique, parfois dans un cadre lexicographique, tout en intégrant les apports de l’onomastique. Par ailleurs, une attention particulière est accordée aux aspects philologiques, de même qu’aux réflexions d’ordre grapho-phonétiques, morphologiques et sociolinguistiques.

Thèse de doctorat (2004–2008) [n° 2 de la liste de publications]

L’objectif de ma thèse, soutenue en 2008 a été de décrire l’émergence vernaculaire à l’écrit entre le ixe et le xie siècle à partir d’un corpus de textes documentaires auvergnats en langue latine. Le relevé systématique des unités romanes présentes dans les chartes latines a donné lieu à un inventaire lexicographique comportant près de 400 articles monographiques, avec une part importante de toponymes (80 %) mais également une présence significative de lexèmes (20 %).

Sur la base de l’étude microscopique de ces matériaux recueillis de première main, j’ai envisagé le phénomène d’émergence de manière synthétique à tous les niveaux linguistiques concernés, à savoir lexical, morphologique et plus particulièrement grapho-phonétique. Ces études successives révèlent l’existence, jusqu’à aujourd’hui insoupçon-née, de dynamiques chronologiques cohérentes qui sont conditionnées par l’évolution du statut sociolinguistique de la langue vernaculaire par rapport au latin.

Elles prouvent notamment la mise en place progressive d’un système graphique élaboré qui se trouvera prêt à l’emploi au moment où apparaissent les premiers textes pleins en occitan. L’accès graduel de cette langue galloromane à la scripturalité apparaît comme un exercice maîtrisé par les professionnels de l’écrit garantissant à la fois une apparence textuelle latine et un décodage univoque des passages de la charte avec une forte charge pragmatique. Il s’agit là d’une face cachée et jusqu’ici mal cernée de la Réforme carolingienne, corrélative au retour du latin normatif à l’écrit.

La phase d’élaboration vernaculaire pré-textuelle mise au jour ici élargit le champ d’observation de la linguistique historique gallo- mais également italoromane de près de trois siècles.

La thèse a fait l’objet depuis sa soutenance d’une reprise substantielle prenant appui sur les relectures détaillées de Jean-Paul Chauveau, d’Anthony Lodge et de Max Pfister.

Thèse d’habilitation (2009–2014) [n° 3]

Avant le 12e siècle, il est difficile d’inventorier le lexique des langues (gallo)romanes, étant donné la pénurie des textes rédigés en vernaculaire. Aussi le lexique ‘pré-textuel’ se trouve-t-il pour ainsi dire exclu de l’horizon de la lexicographie historique traditionnelle. Pour appréhender ce lexique sans quitter le terrain de la documentation textuelle, il existe néanmoins une voie qui est loin d’avoir été suffisamment exploitée jusqu’ici (bien que préconisée depuis longtemps par des chercheurs comme J. Hubschmid, B. Müller ou G. Gasca Queirazza) : l’analyse des lexèmes vernaculaires et des noms de lieux délexicaux contenus dans les textes documentaires en langue latine.

Les lexèmes vernaculaires interviennent dans des domaines déterminants pour le contenu des actes, pour des mots clés ou des éléments à forte charge pragmatique. Il s’agit donc de témoignages particulièrement significatifs pour l’usage lexical contemporain. Pour mettre au jour ces matériaux de manière systématique, j’ai relevé les lexèmes vernaculaires et les toponymes délexicaux à article dans les 5000 Chartes originales antérieures à 1121 conservées en France (ARTEM, Nancy), mises en ligne en 2010. Les résultats de cette enquête prennent place dans un Trésor Galloroman des Origines dont la nomenclature compte environ 500 lexèmes.

Cet ensemble permet, par ses nouvelles informations, de préciser l’histoire du lexique français, francoprovençal et occitan. Il devient de surcroît possible d’atteindre des mots galloromans qui ont disparu de l’usage avant l’apparition des textes vernaculaires pleins et de mieux saisir la différenciation lexicale à l’époque pré-textuelle par l’observation de  matériaux empiriques inédits.

Autres travaux de recherche

a) Éditions et analyses linguistiques de textes documentaires :

Depuis 2003, je travaille sur des manuscrits documentaires qui représentent la plus grande lacune dans le domaine éditorial galloroman. À côté d’éditions critiques traditionnelles (en collaboration avec Jean-Pierre Chambon), j’ai commencé à développer le volet français des éditions commentées en ligne de la plateforme zurichoise Ad fontes dans le cadre de mes enseignements en philologie et lexicographie historique :

Un censier de Plauzat (Basse Auvergne) partiellement rédigé en langue d’oc [édition critique, analyse linguistique, n° 4]

Accord sur la répartition des droits sur la ville de Chargnat (...) [édition critique, analyse linguistique, n° 13]

Ad fontes. Französische Texte des Mittelalters. Description paléographique et commentaire de textes documentaires éditables en ligne, 2009-2012 [n° 16]:

[Charte épiscopale de Metz, 1239, transaction de rente (A.D. Meurthe-et-Moselle B 862, no 2)

Charte de l’abbaye de Salival, 1234, acensement de terres (A.D. Meurthe-et-Moselle H 1244)

Charte épiscopale de Toul, 1237 arbitrage, (A.D. M.M. 2F2 n°14 layettes de l’évêque de Toul)

Charte de l’abbaye de Fontenay, 1253, accord entre ecclésiastiques à propos d’une redevance (A.D. Côte-d’Or 15 H 107)

Charte de la Côte-d’Or, 1253, accord entre les seigneurs de Brancion et le duc Hugues (A.D. Côte-d’Or B 539)

Charte de la Côte-d’Or, 1253, ultimatum du duc de Bourgogne à Anséric VI de Montréal (A.D. Côte-d’Or B 983)]

b) Toponymie et sociolinguistique historique :

Dans l’optique de ma thèse, ce volet vise à illustrer l’intérêt du matériel toponymique pour des interrogations en sociolinguistique historique. Après un premier article méthodologique, en collaboration et guidée par mon directeur de thèse [n° 5], j’ai présenté mon approche dans le cadre du congrès de l’AIEO à Bordeaux [n° 7] et synthétisé un certain nombre de résultats dans un volume comparatiste sur la graphématique historique en Occident médiéval [n° 8] :

Contribution à l’étymologie d’un nom de lieu : Brioude. Vers un nouveau paradigme en toponymie française? [n° 5]

Les toponymes occitans autour de l’an Mil [n° 7]

L’élaboration graphématique dans la Romania à l’époque pré-textuelle (9e-11e siècles) [n° 8].

c) Lexicographie et métalexicographie historiques du français :

Mon intérêt premier a porté ici sur la lexicographie du français contemporain dans l’optique d’une meilleure description de l’étymologie-histoire des mots. Cet axe de recherche s’est développé, parallèlement à ma thèse, dans le cadre de la refonte des notices diachroniques du TLFi.

L’élargissement de la documentation historique concernant les occitanismes supposés dans le TLF(i) permet de se déprendre d’une illusion d’optique: les emprunts ne se font jamais directement entre la langue d’oc et le français général mais transitent dans un premier temps par une variété diatopique du français pour se diffuser ensuite à une variété technolectale de celui-ci (axe diaphasique). C’est par cette voie qu’ils entrent dans l’usage général:

À propos du traitement des emprunts à l’occitan dans le TLF [n° 6]

Ces sondages ont débouché également sur la mise à jour d’une série d’articles du TLFi:

– Refonte des notices ‘Étymologie et Histoire’ d’un choix d’articles du Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi) : badinerie, cheire, chenal, conjonctive, épiglotte, occiput [n° 15]

Mon enseignement sur la glossographie médiéviste m’a ensuite amenée à entreprendre des recherches pour un article monographique sur l’innovation lexicale chez Chrétien de Troyes:

L’innovation lexicale chez Chrétien de Troyes [n° 10]

Grâce à la grande tradition des travaux concernant cet auteur classique, il est possible de raisonner de manière non spéculative sur le rôle individuel de Chrétien de Troyes dans l’élaboration lexicale du français. En m’appuyant sur la lexicographie de référence disponible (DEAF, DÉCT : segment G-H-I-J-K), j’ai procédé au relevé exhaustif des premières attestations enregistrées dans les romans de Chrétien de Troyes. L’examen détaillé des matériaux permet d’établir que l’auteur introduit à l’écrit dans la très grande majorité des cas des formes orales préexistantes et que ses apports individuels restent presque exclusivement circonscrits à des variations contextuelles.

d) Lexicologie historique d'oc et d'oïl :

Mes recherches actuelles portent avant tout sur la lexicologie historique, dans le cadre de mon projet d’habilitation, entrepris en 2009 (cf. supra). J’ai présenté ce projet lors du Congrès de la Société de Linguistique Romane à València en septembre 2010, et j’ai réuni quelques premiers résultats sur les trajectoires étymologiques et géolinguistiques dans une communication au Congrès de la Société à Nancy en juillet 2013:

Pour un Trésor Galloroman des Origines : les lexèmes vernaculaires et les toponymes délexicaux dans les plus anciennes chartes originales latines [n° 9]

– La régionalité du lexique galloroman avant le 12e siècle [n° 11].

e) Éditions et analyses ciblées de premiers textes galloromans :

Mes travaux de thèse et d’habilitation en cours m’ont permis d’identifier un certain nombre de desiderata ponctuels dans le domaine des premiers textes romans. Ainsi, je souhaiterais appliquer la typologie des graphies que j’ai développée dans ma thèse aux premiers documents rédigés en français comme les Serments de Strasbourg et la Séquence de Sainte Eulalie, en poursuivant et en approfondissant les thèses de G. Hilty. L’analyse minutieuse des mécanismes de restitutions graphématiques latin-roman en usage auprès des scribes permettra éventuellement de mieux comprendre la nature précise de la romanité de ces textes très connus.

Par ailleurs, lors de mes relevés sur les chartes latines originales, je me suis rendu compte qu’il existe une série de chartes occitanes dites ‘mixtes’ du 11e et du début du 12e siècle qui n’ont pas été relevées par Clovis Brunel et dont l’édition préliminaire de l’ARTEM est insatisfaisante d’un point de vue romaniste. Je suis en train de préparer l’édition critique de ces documents, en mettant l’accent sur le phénomène de code-switching.