Header

Suche

Vivre le mythe. Le reenactment chevaleresque en Italie et en France (ca. 1380-1559)

Image tirée du manuscrit Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, 3477, folio 121, contenant une partie du Cycle de Guiron le Courtois
Le présent projet, financé par le Fonds national suisse dans le cadre d'un International Co-Investigator Scheme (n°10007706) pour une durée de trois ans, fait collaborer des historiens, des historiens de l’art et des historiens de la littérature dans les universités de Zurich, Lausanne et Amsterdam. A Zurich, le projet est dirigé par Richard Trachsler et comprend Marco Veneziale (collaborateur scientifique) et Inès Conti (post-doc). Le projet explore la réception, au quotidien, du mythe chevaleresque sous un angle interdisciplinaire.
 
Dès les débuts de la période historique, probablement, les gens ont représenté et décrit leurs dieux et leurs héros. Ils ont écrit leurs histoires dans les livres et peint leurs exploits sur les murs. De nos jours, les posters de Spiderman sont collés dans les chambres des adolescents et les produits dérivés acquièrent un intérêt particulier grâce à la notoriété du personnage qui s’y trouve associé. Il existe des collectionneurs qui possèdent même des costumes appropriés. Au Moyen Age, il n’en allait pas autrement. On sait que certains châteaux étaient ornés de fresques représentant les exploits des héros de la Table Ronde ou de la guerre de Troie, et on connaît des coffres, des miroirs, des peignes, mais aussi des sandales, qui portent des motifs empruntés à la légende de Tristan. Lors des grandes occasions, les nobles pouvaient revêtir, le temps d’un bal ou d’une fête, les habits de leurs héros. Certains hommes et femmes en portent même les noms, suggérant ainsi une relation plus permanente qui dépasse le cadre ludique d’un cortège ou d’un banquet. Avec le temps, cette culture de cour se démocratise. Les récits ne sont plus lus dans les manuscrits, mais dans les imprimés, des bourgeois portent des noms « nobles », les peintures des chevaliers d’antan ornent les salles des particuliers qui possèdent aussi des artéfacts associés aux héros de romans.
 
Les fêtes ne durent qu’un moment, les fresques se dégradent, les objets se perdent, les manuscrits d’abîment et les gens qui portaient au Moyen Age des noms des héros de la Table Ronde sont décédés. Il reste toutefois des traces dans tous les domaines.
 
Le présent projet propose d’examiner les instances où l’on est en mesure de saisir la présence de mythes littéraires dans le milieu des cours en France et en Italie du Nord, où étaient lus les romans en français. En faisant dialoguer les artéfacts qui matériellement subsistent de l’époque médiévale avec les descriptions qui figurent dans les chroniques, et les témoignages de l’époque, on essaiera de reconstituer la diffusion des textes et le succès qu’ils ont rencontré selon les milieux et les époques. Une attention particulière sera portée aussi à l’anthroponymie et à la localisation des manuscrits porteurs des légendes qui s’inscrivent ensuite dans le quotidien des milieux de cour. Tout en travaillant par échantillons et sondages, l’idée est de reconstituer, de la manière la plus complète possible, les utilisations et objectifs d’une « mythologie » chevaleresque arthurienne et les moyens employés pour l’intégrer dans le quotidien des gens, tous milieux confondus, à la fin du Moyen Age et au début de la Renaissance.

Link zu SNF