Isabelle Godeby

MA Isabelle Godeby

Doctorante en Littérature Française du Moyen Âge (Prof. Richard Trachsler)- Projet : «Foi morale et instruction aux XIIIe et XIVe siècles»

isabelle.godeby@uzh.ch

Foi, morale et instruction aux XIIIe et XIVe siècles — Étude de la piété laïque, avec édition critique d’un Amalgame Miroir du Monde-Somme le Roi

Au concile du Latran IV, en 1215, Innocent III rend la confession obligatoire une fois l’an, ce qui pousse les clercs à instruire quoi confesser et comment pour quérir le salut de l’âme. D’abord en latin, puis en langues vernaculaires, des textes pieux visant l’éducation morale du laïc se multiplient. En langue d’oïl, les manuscrits témoignent de compilations telles que le Miroir du Monde, réalisé peu après 1275, qui réunit quatre textes, repris partiellement et remaniés au cours de l’année 1279, dans la Somme le Roi du confesseur dominicain du roi Philippe III le Hardi. Frère Laurent d’Orléans retire, par exemple, le manuel de confession final et lui préfère un traité personnel sur les vertus. En moins d’un siècle, former les profanes à la foi et ses préceptes devient le souci majeur des savants religieux. Et, à peine quelques décennies plus tard, comme pour parfaire encore le travail du prêcheur, à quatre reprises au moins, des compilateurs anonymes ont produit des textes empruntant aux deux compilations et ajoutant d’autres textes pieux. Ces amalgames Miroir du Monde-Somme le Roi, sont peu connus aujourd’hui. Ce travail de thèse s’intéresse à la plus ancienne version, la rédaction x, en fournira une édition critique, support d’une étude approfondie sur la piété chrétienne à cette période.

La rencontre fortuite d’un manuscrit considéré comme médiocre dans le cadre d’un cours de codicologie à l’UNIL, m’a fait découvrir d’abord un texte, puis un pan complet de la littérature didactique et religieuse en langue vernaculaire. Ce domaine, bien qu’occulté dans les grandes lignes des cursus d’études littéraires, et même relativement isolé chez les philologues, a continué de susciter ma curiosité et d’attirer mon attention, au point de décider d’y consacrer un travail de thèse. Ainsi, je peux cultiver mon intérêt pour les croyances, approfondir mes connaissances des manuscrits médiévaux et de l’Histoire, et poursuivre mes recherches en philologie, en langues, et en ecdotique.

J'ai poursuivi mes études en littérature française moderne à l'Université de Lille 3 (Licence), et en littérature française du Moyen Âge à l'Université de Lausanne, où je me suis diplômée avec une thèse de Master dans le champs de l'édition critique,