MiMoGa

Atelier international de (micro)variation morphosyntaxique galloromane

Organisateurs

Mathieu Avanzi, Benjamin Massot et Elisabeth Stark

Intervenants

Communications :

Heather Burnett (CNRS/Paris 7)
Anne Dagnac (Toulouse)
Mathieu Avanzi (Zurich/Genève/Bruxelles)
Mario Barra-Jover (Paris 8)
Nicolas Guilliot (Bordeaux 3)
Patrick Sauzet (Toulouse)
André Thibault (Paris 4 Sorbonne)

Table ronde :

animée par Federica Diémoz (Neuchâtel), Benjamin Massot (Stuttgart), Ur Shlonsky (Genève) et Elisabeth Stark (Zurich)

« Chercher la régularité pour ne trouver que le chaos ? Problèmes et défis de (micro)variation morphosyntaxique galloromane »


La journée d’étude internationale intitulée « Chercher la régularité pour ne trouver que le chaos ? Problèmes et défis de (micro)variation morphosyntaxique galloromane » se déroulera le 15 septembre 2016, dans les locaux du séminaire de langues romanes de l’Université de Zurich. Elle est organisée par Elisabeth Stark (Zurich), Mathieu Avanzi (Zurich/Genève) et Benjamin Massot (Stuttgart), et constitue un satellite du colloque DIA-IV (Zurich, 12-14 Septembre 2016) consacré lui-même à la variation dans la Romania (mais où la (micro)variation morphosyntaxique galloromane en elle-même ne sera qu’effleurée).

 

Cette journée s’inscrit dans un contexte scientifique très actif actuellement, puisqu’elle est étroitement liée d’une part au pôle de recherche « Langage et Espace » de Zurich, plus précisément au « réseau parti‑tivité » (atelier international exploratoire financé par le FNS en 2014), et enfin, et peut-être surtout, au projet SyMiLa basé à Toulouse, avec des collaborateurs à Paris, Nice, Nantes, et à l’étranger, et avec des premières journées d’études en juin 2015 (cf. liens ci-dessous).

 

Partant du constat que la variation morphosyntaxique dans les dialectes galloromans est peu, voire mal documentée dans les sources classiques de la dialectologie, les atlas linguistiques traditionnels (en comparaison avec le lexique et la phonétique, moins mal lotis), sous-exploitée pour ce qui est des documents existants ou potentiellement disponibles, et jusqu’à récemment pas ou peu analysée sur la base d’approches modernes à la morphosyntaxe, formelles ou typologiques, nous avons souhaité profiter de la tenue du colloque DIA-IV à l’université de Zurich pour mettre en place un atelier spécifiquement dédié aux problèmes de (micro)variation morphosyntaxique dans les dialectes galloromans.

 

L'un des défis est celui de l’analyse grammaticale de telles données. Dans le domaine de la variation dialectale et microdialectale, le foisonnement des données est grand : la variation peut sembler tellement vaste que toute tentative de théorisation et de modélisation serait vaine, voire épistémologiquement déplacée. Au contraire, les participants à l’atelier ont en commun de vouloir relever le défi de ces données, et de continuer à justifier d’y chercher des patrons de variations, de formuler des hypothèses contraignantes, bref de ne pas croire soudain que tout est possible, que n’importe quoi pourrait « faire grammaire ». Comme formulé par Barra Jover et al. (2012 : 5), il ne faut pas renoncer à trouver « un lieu de rencontre entre les descriptions fines […] et les représentations abstraites […] ». Pour ne citer que quelques points de grammaire, les débats sont déjà bien engagés concernant le statut des clitiques  nominatifs et des dislocations/redoublements des sujets pleins (Auger 2003ab, Massot 2016), l’ordre des clitiques (Dagnac à par., Avanzi & Stark 2016), la morphosyntaxe de la négation (Burnett & Dagnac en prép., Guilliot en prép.), et certains aspects de la morphosyntaxe des DP (notamment concernant le nombre, Barra Jover & Sauzet 2012).

 

Un autre défi est celui de l’intégration de ces recherches dans un domaine de pertinence plus large. C’est pourquoi nous considérons que les données et les variétés pertinentes pour ce programme de recherches comprennent non seulement les dialectes galloromans primaires (du domaine d’oïl, du domaine francoprovençal et du domaine occitan), mais aussi les variétés plus directement « françaises », des français d’Amérique et d’ailleurs (dialectes secondaires) aux français régionaux (dialectes tertiaires) et aux créoles français (pour ces derniers, en particulier dans leurs aspects grammaticaux imputables à leur origine française vernaculaire).

En effet, en plus d’être intéressante en soi, l’étude de la morphosyntaxe galloromane doit à notre avis être rendue pertinente pour la linguistique française et la linguistique théorique en général, suivant là entre autres l’objectif annoncé par DIA-IV de « mieux cerner le fondement théorique de la description linguistique variationnelle ». La morphosyntaxe galloromane permet d’identifier des patrons récurrents et des limites dans la variation tout en dépassant (i) une discussion répétitive des données du standard qui ont longtemps dominé la recherche grammaticale du français, à l'exception d'une certaine ouverture principalement limitée à la variation diaphasique/stylistique, et (ii) une approche des variétés adjacentes au français sous forme de listes de particularités de longueur indéfinie, se confinant souvent à l'anecdotique et à une description en termes d'écarts avec le standard.

 

Pour reprendre en la généralisant la formulation d’Auger (2003a : 282) : « [N]ous espérons […] que l’étude détaillée [de langues qui ne sont pas] <tout à fait> le français permettra d’approcher de façon plus objective et d’éclairer [des questions] particulièrement épineuse[s] de la linguistique française. » Et la conviction de Greub (2013) : « Au total, un volume [Barra Jover et alii (2012, sld)] très intéressant. C’est sans doute parce qu’il ne porte pas sur le français standard : ça change tout ! »

 

Une publication des actes de cette journée est prévue dans un numéro spécial de la revue Probus (une proposition de volume sera soumise en langue anglaise par les organisateurs vers la fin du mois de septembre 2016, pour une parution prévue fin 2017- début 2018).

 

Le but de l’atelier est donc de renforcer cette nouvelle orientation en dialectologie galloromane, dans la lignée notamment de Barra et al. (2012) et du projet SyMiLa, et de permettre aux chercheurs présents d’intensifier l’échange et d’établir ou élargir des collaborations internationales.

Programme

8.30-9.00

Accueil des participants et mot de bienvenue

9.00-9.45

Nicolas Guilliot (U. Nantes)
« Negative concord in Gallo: how to deal with microsyntactic variation »

9.45-10.30

Heather Burnett (U. Paris Diderot)
« Régularités et chaos dans les atlas linguistiques: Comparaison entre les données syntaxiques de l'ALF et les nouvelles enquêtes du projet SyMiLa. »

10.30-11.00

Pause-café

11.00-11.45

Anne Dagnac (U. Toulouse)
« Données syntaxiques dans l'ALF : un chaos ordonné ? »

11.45-12.30

Mathieu Avanzi (U. Zurich/Genève)
« L’ordre des pronoms dans les patois de la région lyonnaise »

12.30-14.00

Repas en commun au restaurant Sento

14.00-14.45

Mario Barra Jover (U. Paris VIII)
« Y a-t-il autre chose que microvariation ? L’exemple du pluriel nominal galloroman »

14.45-15.30

Patrick Sauzet (U. Toulouse)
« Problèmes de morphosyntaxe du DP en occitan »

15.30-16.00

Pause-café

16.00-16.45

André Thibault (U Paris Sorbonne)
« Quelques quantificateurs du continuum créole / français antillais : origines et grammaticalisation »

16.45-17.45

Table-ronde animée par Elisabeth STARK (U. Zurich), Federica Diémoz (U. Neuchâtel), Benjamin Massot (U. Stuttgart) et Ur Shlonsky (U. Genève)

17.45-18.00

Clôture de la journée